Le directeur de la stratégie de l'AFP, Eric Scherer, publie sur son blog un compte-rendu de la leçon inaugurale prononcée ce jeudi à l'école de journalisme de Sciences Po Paris par Jay Rosen, professeur de journalisme à la New York University, et grand gourou américain du journalisme web.
Sa thèse est on ne peut plus directe : « La démocratisation de la prise de parole et transfert de pouvoir des médias vers l’audience, loin de signifier « tous journalistes », favoris[e] des formes plus riches d’exercice du métier », écrit Eric Scherer, qui liste les dix conseils pratiques donnés aux aspirants journalistes.
Et si vous avez envie d'approfondir un peu la question sur l'univers Français, vous pouvez relire notre billet présentant la situation en France : Journaliste à l’heure du web : comment ça marche ?, ainsi que notre dossier sur la révolution de l'information.
Après la mort du web, nouvelle leçon de prospective. The Economist publie un long article prédisant une éventuelle contre-révolution sur Internet.
La thèse, en résumé et en accéléré : Internet, réseau des réseaux, qui a passé les quinze premières années de sa vie au contact du grand public à s'unifier, serait en train de se fragmenter, sous les effets conjugués de trois forces :
• La pression des Etats, qui tentent de plus en plus d'exprimer leur souveraineté sur Internet ;
• Les grandes compagnies, qui seraient en train de construire des territoires où elles peuvent fixer et déterminer les règles qu'elles souhaitent ;
• Les propriétaires des réseaux, qui pourraient avoir intérêt à réguler davantage les échanges de données sur le net en fonction de leur nature.
Après avoir constaté, dans un premier billet, l’absence d’échos majeurs aux discours des intellectuels français du numérique comparés notamment à ceux anglo-saxons, Cecil Dijoux s’interroge sur Hypertextual sur la « fracture numérique » entre intellectuels français et culture Internet.
De la difficulté à intégrer la méritocratie dans une « culture profondément institutionnalisée » à la simplicité nécessaire pour être lu et compris sur le Web, en passant par « l’esprit d’entreprise » et la volonté de changer le monde, l’article dresse une liste intéressante des piliers supposés de la culture Internet et tente de comprendre la méfiance des « élites » à son égard.
Crowdsourcing et wikis pour aider à la préservation des trésors archéologiques jordaniens : le New-York Times s'est penché, il y a quelques jours, sur le lancement d'une expérience largement inédite, dans le royaume hachémite.
Partant du principe que l'on peut mieux se prémunir contre les pillages et autres vols de trésors archéologiques une fois ces derniers dûment répertoriés, les autorités du pays, aidées par une coopération américaine, vont permettre à tous les conservateurs de musées d'alimenter une large base de données, stockées en ligne. Jusqu'à présent, une seule base de données existait, enfermée à Amman, et assez peu consultée.
Pour l'instant, seuls les conservateurs pourront accéder et alimenter la base de données nouvelle génération. Mais le patron du département des antiquités du pays, Ziad al-Saad, affiche déjà une nouvelle ambition : « Nous avons envie de partager tout ce que nous trouverons avec tout le monde...».
Le Wall Street Journal révèle que Seth Godin, célèbre auteur sur les problématiques du marketing, a décidé de tourner le dos à son éditeur, Portfolio : il projette de vendre directement ses travaux à ses fans, notamment en s’appuyant sur le lectorat de son blog qu’il évalue à près de 438 000 personnes.
« Ce qu’Internet m’a permis, ainsi qu’à beaucoup d’autres, c’est de connaître mes lecteurs » explique-t-il.
Abandonner son éditeur ne signifie pas pour autant limiter les formats de ses œuvres : livres électroniques, applications, livres audio, PDF ou impressions à la demande sont ainsi au programme.
Si la démarche peut rappeler, comme le remarque Marie-Catherine Beuth sur Etreintes Digitales, celle de Radiohead au moment de la sortie d’In Rainbows – l’album n’était disponible qu’en téléchargement sur le site du groupe et le prix était laissé à la discrétion des fans – elle apparaît néanmoins comme plus économique que véritablement idéologique :
« La course à l’économie de la relation avec les lecteurs est lancée » annonce Seth Godin. Difficile pourtant de prévoir l’engouement des autres auteurs pour ce nouveau mode de production.
Taper le nom d'un candidat sur un moteur de recherches ? D'accord. Utiliser des informations glanées sur son compte Facebook pour ne pas lui accorder un job ? Pas question.
Thomas de Maizière, le ministre allemand de l'Intérieur, doit présenter, ce mercredi, une loi qui interdira aux recruteurs d'utiliser, dans leurs processus de recrutement, des informations trouvées en ligne sur des sites hors réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, etc), à en croire les informations publiées lundi par les quotidiens allemands Die Welt et Süddeutsche Zeitung. Elle aurait de grandes chances d'être adoptée, selon les quotidiens.
En plein débat sur le droit à l'oubli, on peut prédire - sans vraiment trop se mouiller - que cette proposition de loi risque de rencontrer un certain écho en France. La version européenne du site Techcrunch, de son côté, s'interroge déjà sur l'efficacité de cette mesure et, notamment, du régime de la preuve qui l'encadrera.
Etre « fan » de sa formation universitaire sur Facebook ? Ce n'est pas encore gagné chez les étudiants français, à en croire une étude (PDF) réalisée par l'agence de communication C'est un signe, dont les résultats ont été diffusés en juillet.
D'après les résultats de cette « enquête auto-administrée » et principalement diffusée sur des groupes d'étudiants de Facebook - on traduit : à prendre avec un peu de recul, donc -, les étudiants français présents sur le réseau social seraient « à 81% non-membres de groupe/page en rapport avec leur école/université » ...
Starcraft 2 ne se contente plus d’affoler les ventes : non content d’être le jeu vidéo le plus vendu de l'année et cela en temps record, il s’invite désormais dans les salles de classe.
Technology Review rapporte qu’un cours de management utilisant le jeu de Blizzard va être proposé à l’Université de Floride. Au programme meilleure gestion du temps et meilleure utilisation des ressources disponibles :
« Dans Starcraft, vous devez gérer un grand nombre d’unités et de groupes aux capacités différentes. Ce n’est pas surprenant d’y voir une relation avec le milieu des affaires ou dans le travail d’un administrateur de santé publique » explique Nate Polling, enseignante. Les serious games ont peut-être du souci à se faire ?
(Article repéré sur Twitter grâce à @ThibaultSouchet)
La Croix consacre ce vendredi sa une aux « Enfants nés avec une souris à la main », dossier consultable intégralement en ligne.
L'article principal, qui interroge notamment Jean-Michel Fourgous, le parlementaire UMP auteur du rapport Réussir l'école numérique, fait le point sur les principaux enjeux liés aux digital natives, sur les conséquences en matière d'éducation.
Mais le plus intéressant est certainement l'entretien que La Croix réalise avec Barbara Fontar, sociologue des médias - l'une des co-auteurs de l'étude Comprendre le comportement des enfants et adolescents sur Internet pour les protéger des dangers, réalisée au printemps dernier pour le compte de l'association Fréquence Ecoles.
Son constat, centré autour sur l'usage d'Internet dans le cadre familial, est en effet relativement éloigné des habituels discours alarmistes et autres clichés : les parents seraient de moins en moins désemparés par l’utilisation que font leurs enfants d’Internet, explique-t-elle. Mieux, la majorité d'entre eux privilégient désormais « une logique d’accompagnement », selon elle.
La sociologue esquisse d'ailleurs une explication à ces nombreux « fantasmes » liés aux usages du web :
« Le point noir, c’est la peur de la mauvaise rencontre. Quand on demande aux parents pourquoi cela les inquiète, ils répondent : « Avec tout ce qu’on voit ! » Les médias ont un rôle très important dans cette représentation négative, construite à partir de faits divers. »